N° ACR0000777 - Rotonde ferroviaire

Adresse : 14 vieux chemin de Paris
  94190 Villeneuve-Saint-Georges
Coordonnées GPS : 48.757313, 2.436923
Dates Construction : 1947 ; 1948
Date de classement : 2018
Auteur : Laffaille Bernard
Patrimoine du 20e siècle

Précision Intérêt :

Appliquant les principes de rationalisation du chantier et de préfabrication lourde à un programme symptomatique de la Reconstruction, nécessitant une grande rapidité de mise en œuvre pour des couts réduits, la rotonde de Villeneuve-Saint-Georges incarne un bâtiment original dans le paysage architectural français du XXe siècle, tant par sa forme, sa volumétrie, que ses modalités de construction, et sa couverture en voile mince de seulement 7 cm. d’épaisseur. Parmi le corpus national que forme les rotondes, patrimoine menacé par la modification des usages et des besoins en matière de transport ferroviaire, celle de Villeneuve-Saint-Georges est aujourd’hui l’une des rares conçues par Laffaille à être encore en activité et à être bien préservée. La rotonde d’Avignon a été protégée au titre des Monuments historiques en 1984 et a reçu le label Patrimoine du XXe siècle en 2004. Visible depuis les voies conduisant vers la Bourgogne, l’Auvergne, Lyon et Marseille, elle contribue à l’identité ferroviaire de Villeneuve-Saint-Georges, sur un important nœud établi en dehors de Paris, sur un terrain alors en zone peu urbanisée.

Description historique :

Le réseau ferroviaire français ayant subi d’intenses bombardements pendant la Seconde guerre mondiale, la SNCF décide à la Libération de reconstruire et moderniser une partie de ses équipements. Parmi ceux-ci figurent les remises de locomotives à vapeur, vastes entrepôts de plan circulaire ou rectangulaire implantés sur d’importants nœuds ferroviaires, qui permettent d’abriter et réparer ces véhicules. En octobre 1944, Bernard Laffaille est mandaté par la SNCF pour concevoir ces bâtiments en lien avec les services de la société ferroviaire, notamment la Division des Bâtiments, dirigée par l’architecte Paul Peirani, et la Division des Ouvrages d’Art, à la tête de laquelle se trouve l’ingénieur Roger Vallette. Bernard Laffaille réalise alors un projet type en forme de rotonde qui sera mis en œuvre pour la première fois à Avignon, au cours d’un chantier de quelques mois seulement, entre avril et octobre 1946. Sur l’important complexe ferroviaire que constitue la gare de triage de Villeneuve-Saint – Georges, nœud essentiel au trafic aux abords de la métropole parisienne sur les voies du sudest français, une remise à locomotives en forme de rotonde, construite par la compagnie PLM vers 1919-1920 probablement, existe encore en 1945. Cet ancien dépôt ne satisfaisant plus aux nouvelles exigences de la SNCF, et qui peut-être avait subi d’importants dommages lors des bombardements alliés opérés sur la gare de triage en avril 1944, il est décidé d’édifier une nouvelle rotonde selon les plans de Laffaille à quelques centaines de mètres au nord, sur un terrain alors vierge de toute construction. En 1946, un marché est conclu avec l’entrepreneur Sainrapt et Brice, une société qui est alors dans la tourmente suite au procès touchant uniquement son directeur, pour collaboration économique avec l’ennemi pendant la guerre. Bernard Laffaille avait déjà travaillé avec Sainrapt et Brice en 1932-1933, l’entreprise se charge de l’essentiel des travaux de gros-œuvre de la rotonde. Les premiers terrassements ont déjà eu lieu le 16 mars 1947, alors que des plans sont approuvés par la SNCF le 20 mars 1947. Il semble que des modifications aient été apportées au projet initial dans le courant de l’année 1947, le plan de type P prévu à l’origine étant en grande partie réadapté, ce qui suscite un retard dans le chantier dû notamment à la révision des fondations. Les travaux sont en cours en septembre 1947 et s’achèvent probablement en 1948. L’aménagement des voies ferrées conduisant à la rotonde est réalisé vers 1949-1950, alors que disparaît l’ancienne rotonde PLM. Vers 1950, une partie de la rotonde est adaptée pour remiser également les locomotives électriques, une modification qui sera plus tard opérée sur la totalité du bâtiment et assurera sa pérennité jusqu’à nos jours, le bâtiment étant toujours en activité.

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