N° ACR0000764 - Palais de justice
| Adresse : |
rue Pasteur-Valllery-Radot |
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2-20 rue Marcel-Proust |
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94000
Créteil
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| Coordonnées GPS : |
48.785812, 2.442376
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| Dates Construction : |
1976 ; 1978
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| Date de classement : |
2018
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| Auteur : |
Badani Daniel (architecte) ; Roux-Dorlut Pierre (architecte)
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Précision Intérêt :
Terminée en 1978 au terme d’une histoire opérationnelle mouvementée, le palais de justice de Créteil est l’une des rares cités judiciaires réalisées pendant les Trente Glorieuses, période pourtant prolifique en matière de construction publique : on rapprochera ainsi l’œuvre de Badani et Roux-Dorlut de l’ambitieux projet de l’architecte Jean Willerval pour le palais de justice de Lille, mis en service en 1968. Au contraire du palais de justice de Nanterre, construit par André Wogenscky à côté de la nouvelle préfecture des Hauts-de-Seine, le palais de justice de Créteil participe d’une volonté de dissémination des équipements publics dans la plupart des nouveaux quartiers du chef-lieu du Val-de-Marne. Les différents composants de la cité administrative commandée aux deux architectes en 1965 (préfecture, palais de justice, archives départementales) affirment ainsi chacun un langage architectural singulier et propre à l’expression du programme, tout en exprimant la culture technique et constructive de l’époque. Si, économies budgétaires obligent, le palais de justice de Créteil ne permet pas l’emploi de procédés innovants ou expérimentaux, le recours intensif à la préfabrication en fait un bon témoin de la culture constructive des Trente Glorieuses et de la recherche d’un chantier particulièrement rapide et au coût maîtrisé. L’utilisation d’éléments sériels n’obère par ailleurs pas la qualité plastique de l’ensemble, tant sur une vision lointaine que proche : la silhouette massive de la tour exprime ainsi la solennité et le caractère officiel des lieux, marquant par sa présence le paysage urbain du Nouveau Créteil. À l’échelle du piéton, l’architecture se fait plus aimable par l’aménagement paysager des abords et par le traitement de la séquence d’accès au bâtiment animée par des fontaines et les portes sculptées de Pierre Sabatier. Lumineux, le hall entend rompre avec l’austérité habituelle des salles des pas perdus des palais de justice, les services destinés au public (garderie, cafétéria, drugstore) étant immédiatement accessibles. La participation du décorateur Pierre Guariche – qui compte parmi les ensembliers les plus fameux des années 1960-1970 – atteste de la volonté de renouvellement de l’image de la justice par des formes caractéristiques de la modernité. On mentionnera par ailleurs la sculpture murale de l’artiste suédois Bengt Olson, collaborateur régulier de Badani et Roux-Dorlut, qui orne la façade sud du bâtiment bas. Terminé tardivement, le palais de justice de Créteil est passé relativement sous les champs de la critique et de l’expertise historienne, Daniel Badani et Pierre Roux-Dorlut étant surtout connus pour leurs réalisations iconiques des débuts du Style international en France, au cours des décennies 1950-1960. L’édifice cristollien – au même titre que la préfecture, ou que l’hôtel de ville de Pierre Dufau, tout proche – comptent pourtant parmi les exemples d’un âge de la maturité de cette architecture moderne et sérielle, croisée avec la science française pour la grande composition et la monumentalité, pilier de l’enseignement de l’école des Beaux-arts. Allant à rebours des courants d’avant-garde et des postures contestataires qui éclosent après 1968, Daniel Badani et Pierre Roux-Dorlut livrent ici un exemple caractéristique d’architecture du pouvoir de la période des Trente Glorieuses.
Description historique :
La croissance considérable connue par la région parisienne depuis la Libération conduit le gouvernement de Georges Pompidou, au début des années 1960, à engager le redécoupage territorial de l’Île-de-France en huit départements, la création de nouvelles cités administratives devant permettre d’accompagner la poussée démographique des banlieues. Le département du Val-de-Marne, qui couvre le quart sud-est de l’ancien département de la Seine, est créé en application de la loi du 10 juillet 1964 ; son existence est effective à compter du 1er janvier 1968. La ville de Créteil, située au centre géographique du nouveau département, est choisie comme chef-lieu. Ayant déjà connu d’importantes transformations urbaines depuis l’aprèsguerre, notamment avec la construction du grand ensemble du Mont-Mesly, Créteil est choisie en 1961 pour l’implantation d’une vaste zone à urbaniser en priorité (ZUP) sur la moitié occidentale de son territoire. Établi sur d’anciennes carrières et des sablières désaffectées, cette opération d’aménagement, baptisée le « Nouveau Créteil », comptera parmi les plus importants chantiers entrepris en Ile-de-France avant l’aménagement des villes nouvelles. Son plan d’urbanisme est d’abord confié au Prix de Rome Michel Folliasson, ancien salarié de l’agence Badani-Roux-Dorlut, puis à Jean-Louis Fayeton, en même temps que le gaulliste Pierre Billotte est élu à la tête du conseil municipal. C’est dans le cadre du plan-masse défini par Fayeton que Daniel Badani et Pierre Roux-Dorlut sont désignés en 1965 par le ministère des Affaires Culturelles pour être les architectes de la cité administrative départementale qui comprend la préfecture, le palais de justice et les archives départementales. Les différents bâtiments sont, à l’inverse de la cité administrative de Bobigny, répartis dans différents secteurs du Nouveau Créteil. L’emplacement retenu pour le palais de justice se situe au nord-ouest de l’opération, en bordure de l’autoroute A86 et du chemin des Mèches. Le secteur prend le nom de « quartier du Palais ». Ce secteur, principalement dédié à l’habitation, accueille les fameux immeubles choux et maïs de l’architecte Gérard Grandval, encadrées par de grandes barres curvilignes dues à Louis de Hoÿm de Marien. Le choix du site est par ailleurs justifié par sa bonne desserte par les transports en commun, la station de métro étant à 700 m et la gare de RER la plus proche à un kilomètre. Les études ne paraissent avoir été engagées qu’en 1968, alors que Jean-Louis Fayeton décède au mois de février. Son successeur, Pierre Dufau, remanie alors le plan d’ensemble du Nouveau Créteil ; l’emplacement du palais de justice étant défini à cette occasion. Le projet architectural est validé en avril 1969 par le Conseil général des bâtiments de France. Il est toutefois abandonné en 1971, le ministère de la Justice réclamant une nouvelle étude basée sur un programme à la surface moins importante. En dépit de difficultés de mise au point du projet dues à des contraintes budgétaires persistantes, le permis de construire du palais de justice de Créteil est délivré le 18 février 1975, et le chantier lancé immédiatement. Le complexe judiciaire est mis en service en janvier 1978, son inauguration par le garde des Sceaux Alain Peyrefitte étant célébrée le 14 février de la même année.
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